Les oiseaux se cachent pour mourir

Eh bien oui , dans cette longue saga , Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen McCullough, un sanglier cause la mort d'un des héros, Stuart.

Ce best-seller raconte l'histoire d'une famille les Cleary entre 1915 et 1969 en Australie.

Un extrait

"....Aussi ne vit-il pas le gros sanglier émerger des arbres, venant du nord ; il le reconnut à l'odeur. Aussi grosse qu'une vache, la masse oscillait et frémissait sur les pattes courtes et puissantes tandis que la bête avançait, tête baissée, fouillant de son groin la terre noircie et humide.

Les coups de feu l'avaient dérangé et le monstrueux sanglier souffrait. Les rares poils noirs de l'un de ses flancs avaient été brûlés laissant voir la peau à vif, rouge. Ce que Stuart avait senti alors qu'il regardait vers le sud n'était autre que les agréables effluves que dégage la peau de porc en train de griller avant que le rôti ne sorte du four enrobé d'une croûte croquante. Tiré du paisible chagrin qui semblait toujours l'accompagner, Stuart tourna la tète au moment où une pensée le traversait ; il avait l'impression d'être déjà venu ici, que cet endroit noirci et détrempé était gravé dans son cerveau depuis le jour de sa naissance.

Il se baissa, tâtonna à la recherche du fusil, tout en se rappelant que l'arme n'était pas chargée. Le sanglier restait figé dans une immobilité totale, ses petits yeux rougis exprimant une douleur intense, ses grandes défenses jaunes, aiguës, décrivant un demi-cercle vers le haut.

Le cheval de Stuart hennit; il sentait le fauve; la tête massive du cochon sauvage se tourna vers lui et s'abaissa dans l'intention de charger.

Stuart comprit que sa seule chance résidait dans l'intérêt que le sanglier portait au cheval. Profitant de la diversion, il se pencha, saisit le fusil, en fit jouer la culasse tandis que sa main libre plongeait dans la poche de sa veste pour y prendre une cartouche. Alentour, la pluie tombait, étouffant tous les sons hormis son propre crépitement. Mais le sanglier entendit le bruit de la culasse ramenée en amère et, changeant de direction à l'ultime seconde, abandonna le cheval pour foncer sur Stuart. La bête était presque sur lui lorsqu'il fit feu, l'atteignant en plein poitrail, mais sans ralentir sa course. Les défenses amorcèrent un mouvement latéral et lui labourèrent l'entrejambe. Il s'écroula; le sang jaillit, se répandit sur ses vêtements, gicla sur le sol.

Le sanglier pivota, soudain entravé par la douleur que lui causait la balle, et tenta de revenir à la charge ; mais il oscilla, chancela, s'effondra. La masse de six cents kilos s'abattit sur sa victime, lui enfouissant la tête dans la boue noire. Un instant, les mains griffèrent le sol de chaque côté du corps en un frénétique et inutile effort pour se libérer; c'était là ce qu'il avait toujours su, pourquoi il n'avait jamais espéré, rêvé ou tiré des plans, se contentant d'attendre en s'abreuvant si profondément au monde vivant que le temps lui manquait pour s'apitoyer sur le sort qui l'attendait. Il pensa : M'man, M'man 1 Je ne peux pas rester avec toi, M'man ! à la seconde où son cour éclatait dans sa poitrine..."

 

Cochon sauvage, six cents kilos : L'action de se passe en Australie, il est donc plus correct de dire cochon sauvage et le poids de six cents kilos me semble cependant exagéré (ou une erreur de traduction ?). Retour au texte

 

Références :  Les oiseaux se cachent pour mourir de Colleen McCullough - 1977 - Éditions Pierre Belfond
Un magnifique roman d'amour : A lire ou à relire.

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Date de mise à jour : 26/03/12